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Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris

0037-8984
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 ARTICLE VOL 22/1-2 - 2010  - pp.3-16  - doi:10.1007/s13219-010-0002-2
TITRE
Les « trois glorieuses de 1859 » [Broca, Boucher de Perthes, Darwin] et la genèse du concept de races historiques

TITLE
The “glorious three of 1859” [Broca, Boucher de Perthes, Darwin] and the genesis of the concept of historic races

RÉSUMÉ

En 1909, à l’occasion du jubilé conjoint de la création de la Société d’anthropologie de Paris, de la reconnaissance officielle de la préhistoire par l’Académie des sciences et de la publication de L’Origine des espèces de Charles Darwin, Georges Hervé célébrait rétrospectivement les « trois glorieuses de 1859 ». La synchronisation de ces événements nous est devenue familière. Son caractère inattendu, et même révolutionnaire pour l’histoire des idées, n’est plus à démontrer. À un demi-siècle de là, lors des commémorations du centenaire de la Société d’anthropologie de Paris, Claude Lévi-Strauss n’hésitait guère, à son tour, à magnifier ce « moment exceptionnel » où l’univers s’ouvrait dans toutes les dimensions de l’espace et du temps, de la nature à la culture. Il témoignait lui aussi de cette « période bénie » de l’unification des sciences qui ont l’homme pour objet. Au-delà d’un folklore, aussi pieux que commode, qui associe dans un même éloge Broca, Boucher de Perthes et Darwin, l’historien doit pourtant questionner le principe réel de leur liaison. Selon ses statuts de 1858, la Société d’anthropologie se donnait pour programme « l’étude scientifique des races humaines ». Le paradigme racial était fixiste selon sa triple détermination edwardsienne: ressemblance, permanence, descendance. La doctrine transformiste, quelle qu’en soit l’obédience, contredisait ce schéma classique. Il fut plus encore fragilisé par la longue durée de l’aventure humaine. Double défi donc, auquel les anthropologues durent répondre sans vraiment menacer leur capital raciologique de vieil héritage naturaliste et souvent polygéniste. J’interrogerai dans ce contexte la genèse du concept de « race historique » dans l’œuvre de Paul Topinard, successeur de Paul Broca au secrétariat de la Société d’anthropologie de Paris, en substituant aux trois glorieuses convenues une autre séquence technique mieux assurée: hérédité, milieux et civilisation.



ABSTRACT

In 1909, on the occasion of the joint jubilee of the creation of the Anthropological Society of Paris, the official recognition of prehistory by the French Academy of Sciences, and the publication of Charles Darwin’s On the Origin of Species, Georges Hervé retrospectively celebrated the “glorious three of 1859”. The synchronicity of these events has become familiar to us. Its unexpected character and even revolutionary implications for the history of ideas no longer need demonstration. A half century later, during the celebration of the centenary of the Anthropological Society of Paris, Claude Lévi-Strauss, in turn, did not hesitate to idealize this “exceptional moment” when the universe expanded in every dimension of space and time, from nature to culture. He too acknowledged this “hallowed epoque” of the unification of the sciences which make man their object. Beyond a collective memory, as pious as it is convenient, which combines Broca, Boucher de Perthes and Darwin within the same eulogy, the historian must interrogate the true principle of their liaison. By its statutes of 1858, the Anthropological Society had set itself the program of “the scientific study of human races”. The racialist paradigm was static, in line with its threefold Edwardsian determinants: resemblance, permanence, descent. The transformist doctrine, whatever its level of acceptance, contradicted this classic schema which was further weakened by the vast span of the human adventure. Anthropologists had to respond to this double challenge without truly threatening their raciological capital with its old naturalist, often polygenist roots. In this context, I shall probe the genesis of the concept of “historic race” in the work of Paul Topinard, Paul Broca’s successor as secretary of the Anthropological Society of Paris, by replacing the standard glorious three with another, better grounded technical sequence: heredity, milieus, and civilization.



AUTEUR(S)
C. BLANCKAERT

Reçu le 20 juillet 2009.    Accepté le 9 septembre 2009.

MOTS-CLÉS
Préhistoire, Société d’anthropologie de Paris, Transformisme, Métissage, Races historiques, Paul Topinard

KEYWORDS
Prehistory, Anthropological Society of Paris, Evolution, Hybridization, Historic races, Paul Topinard

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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